Couv_ADS

Y faisait froid, c’était le soir, en hiver, on était un lundi je crois. Moi j’étais dans la rue de la Gueule au Loup, pas loin de chez les Grandjeans. On les avait « visités » la veille. En tout cas, y’avait un coucher de soleil merveilleux, avec du rouge et de l’orange, et y’avait que moi qui pouvait le regarder. Les autres de la bande, y z’étaient restés en bas, dans la ruelle. Y z’attendaient pour voir si j’allais faire mon défi. Y’avait personne d’autre, parce qu’il était tard, et pis d’toute façon y’ a que des orphelins comme nous pour rester dehors par un froid pareil !

J’étais à califourchon, au sommet de l’immeuble, au bord du toit en ardoise, et y fallait que j’aille jusqu’au balcon d’la boîte à vérole d’en face avec mon ombrelle ouverte. Jétais sûre que ça s’rait super vu d’en bas, avec l’ombre qu’aurait passé sur mes amis. Ah oui, le défi, c’était le jeu du parapluie.

J’avais déjà installé ma corde, et mis mes chaussures de funambule. C’était fastoche par rapport à ce que j’avais d’jà fait au Cirque d’Hiver. J’allais pas dévisser et me refroidir en bas. Alors j’me suis lancé, sur un pied, avec les cris en bas d’mon frère, du Haricot Vert et de Dig Dig. Et là, vous me croirez jamais. J’ai eu comme un vertige, les murs et les fenêtres tout autour de moi ont commencé à faire la java. Et même le soleil était tout bizarre. C’était p’têt à cause d’la faim ?

J’ai regardé en bas, comme une débutante -mais j’en suis pas une hein- j’suis encore choléra d’en reparler ! Mais c’est à ce moment là que j’l’ai vu, cette forme qui se glissait entre les déchets et les étals abandonnés des marchands d’coco. C’était un gros mastiff, avec plein de muscles sur tout le corps, et des yeux rouges, comme les lièvres quand y meurent, vous savez ? Y grondait, et allait vers mes amis, mais y l’entendaient pas, z’étaient trop occupés à m’traiter d’biturin !

Pis là j’ai tombé, c’est Dig qui m’a attrapé, mais j’me souviens de rien d’autre.

Histoire au coin du feu de la petite Florence Bochard,
surnommé l’Arçonneuse, 1871

La campagne Aube de sang se déroule à cheval entre 1870 et 1871, sur près de 6 mois d’une période historique très chargée (siège par les prussiens et Commune de Paris). Elle met en scène des enfants des rues se devant de survivre dans le quotidien fait de dangers et de privations, avec un écueil supplémentaire puisqu’ils sont directement concernés par une menace insidieuse.

Cette campagne propose de nouvelles pistes de simulation (les jauges de groupe, le concept d’innocence) et se monte entièrement en kit (le meneur a toute latitude de composer sa campagne à partir d’une myriade de scènes fantastiques, historiques...). En outre, elle donne une explication possible à la génèse de la déchéance qui est le fondement de l’univers particulier de Crimes.

Cette expérience est donc originale, de par ses thèmes, son ambiance, sa composition scénaristique et son gameplay.

Caractéristiques

  • Prix : 25€
  • ISBN : 978-2-9534195-0-4
  • Couverture couleur
  • Livre de 128 pages noir et blanc demi-format 16x24cm
  • Dos carré-collé
  • 1ère impression à 500 exemplaires.
  • Epuisé chez le distributeur.

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Crédits

Idée originale et Direction éditoriale :
  • Yann Lefebvre
Textes :
  • Franck Brison
  • Yann Lefebvre
Maquette et graphismes :
  • Christophe Chaudier
Illustration de couverture :
  • Greg « Lowfé » Guillhaumond
Illustrations :
  • Pierre Charentus
  • Greg « Lowfé » Guillhaumond
  • Sylvain Soumille